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- Par Jimenez Julien
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Dans quel ordre préparer les douze mois qui précèdent votre départ en retraite ?
Une préparation de retraite se joue sur un an, et chaque étape dépend de la précédente. Cet article met les échéances dans l’ordre, de la lecture du relevé aux demandes de régularisation, puis au dépôt de la demande, à la sortie de l’emploi et à la vérification de la notification reçue.
L’ordre tient en cinq gestes. Entre douze et dix mois avant la date envisagée, vous lisez vos relevés. Entre dix et sept mois, vous envoyez vos demandes de régularisation de carrière. Entre six et quatre mois, vous déposez votre demande de retraite. Environ trois mois avant, vous organisez votre sortie de l’emploi. Après la date d’effet, vous vérifiez la notification reçue avant de la ranger.
Cet ordre n’est pas une préférence de méthode: chaque étape conditionne la suivante. Une régularisation demandée après le dépôt de la demande arrive trop tard pour peser sur le calcul initial. Un préavis posé avant d’avoir sécurisé la date de départ vous engage sur un calendrier que vous ne maîtrisez plus.
Une carrière discontinue impose de prendre la première étape au sérieux. Les périodes de temps partiel, de congé parental, de chômage indemnisé ou d’activité à l’étranger demandent le plus de temps d’instruction, et ce sont elles que l’on découvre en dernier quand on commence trop tard.
| Période | Ce que vous faites | Ce qui doit être terminé |
|---|---|---|
| Douze à dix mois avant | Réunir et lire les relevés, poser la frise de carrière | La liste écrite des périodes à vérifier |
| Dix à sept mois avant | Envoyer une demande par organisme et par période | Chaque demande partie, datée, sa relance prévue |
| Six à quatre mois avant | Déposer la demande de retraite et choisir la date d’effet | L’accusé de dépôt et le numéro de dossier conservés |
| Trois mois avant | Informer l’employeur, poser le préavis, solder les congés | La date de fin de contrat fixée par écrit |
| Le mois du départ | Suivre les notifications et les premiers versements | Les documents de fin de contrat récupérés |
| Après la notification | Comparer le décompte reçu au vôtre | Un recours engagé si nécessaire, dans le délai indiqué |
Douze à dix mois avant, rassembler et lire
Cette phase se mène seule, sans appeler personne. Une demande formulée avant d’avoir lu son dossier revient en boomerang: on vous répond sur la période citée, pas sur celle qui posait vraiment problème.
Télécharger les relevés des deux régimes
Votre carrière est décrite dans des documents distincts, qui ne se corrigent pas ensemble et ne se demandent pas au même endroit.
- Le relevé de carrière du régime de base, qui compte vos trimestres cotisés et assimilés, année par année.
- Le relevé de points de la retraite complémentaire, qui compte des points et non des trimestres.
- Les relevés des autres régimes cotisés, la MSA pour une période agricole, le régime de la fonction publique pour un poste territorial ou hospitalier.
- L’estimation indicative globale, si les régimes vous en ont adressé une.
Téléchargez-les le même jour, dans un dossier daté. Vous y reviendrez plusieurs fois, et un relevé imprimé six mois plus tôt ne dit pas la même chose.
Constituer la frise et la liste des anomalies
Posez ensuite vos années sur une seule ligne, de votre premier emploi d’été à aujourd’hui, et écrivez en face de chacune ce que vous faisiez réellement: emploi, études, congé maternité, congé parental, temps partiel, chômage indemnisé, aide dans l’entreprise du conjoint, séjour à l’étranger.
Comparez cette frise au relevé. Toute année qui porte moins de quatre trimestres sans que vous sachiez pourquoi devient une ligne de votre liste d’anomalies, et toute période absente aussi.
La méthode de lecture est détaillée dans notre article sur la relecture d’un relevé de carrière année par année. À la fin de cette phase, vous tenez une liste écrite, pas une inquiétude.
Dix à sept mois avant, demander les régularisations
Vous passez à l’écrit. Chaque ligne de votre liste devient une demande, adressée à l’organisme qui détient l’information, pas à celui qui vous semble le plus accessible.
Un courrier par organisme et par période
Ne regroupez pas cinq périodes dans un seul envoi. Une demande qui porte sur une période reçoit une réponse sur cette période. Une demande qui en porte cinq revient traitée sur une seule.
Chaque courrier annonce un objet précis: la nature de la demande, les années concernées, l’employeur ou l’organisme en cause. Vous y joignez vos pièces, bulletins de salaire, certificat de travail, attestation d’indemnités, livret de famille pour les périodes liées aux enfants.
Les relances programmées à l’avance
Notez la date de relance le jour même de l’envoi, pas le jour où vous constaterez l’absence de réponse. Les délais d’instruction varient d’un organisme à l’autre et se cumulent avec celui de votre future demande de retraite.
Un tableau de suivi suffit: date d’envoi, organisme, période, pièces jointes, relance prévue, réponse reçue. C’est lui, pas votre mémoire, qui vous dira au quatrième mois si votre date de départ tient toujours.
Les fautes de méthode les plus coûteuses à ce stade sont recensées dans notre article sur les erreurs de vérification avant un départ.
Six à quatre mois avant, déposer la demande de retraite
La retraite ne se déclenche pas d’elle même à l’âge auquel vous y avez droit: elle se demande, et à l’avance.
La demande unique auprès de l’ensemble des régimes
Depuis le service en ligne du portail Info Retraite, une seule demande couvre l’ensemble de vos régimes, de base comme complémentaires. Vous n’écrivez plus à chaque caisse séparément, mais vérifiez que chacun de vos régimes figure dans le récapitulatif avant validation.
Comptez de l’ordre de quatre à six mois entre le dépôt et la date de départ souhaitée. Ce n’est pas une formalité: c’est le temps d’instruction des caisses, et il court en parallèle de vos régularisations.
Le choix de la date d’effet, toujours au premier jour d’un mois
Votre pension prend effet le premier jour d’un mois, jamais en cours de mois, et pas avant le mois qui suit votre demande. Dans les limites de vos droits, c’est vous qui la fixez.
Choisissez-la en regardant votre tableau de suivi. Si une période en instruction peut ajouter des trimestres, décaler la date d’effet d’un ou deux mois pèse moins lourd qu’une pension calculée sur une carrière incomplète, puis révisée.
Vérifiez enfin la cohérence entre cette date et votre dernier jour de travail: un décalage involontaire ouvre un mois sans salaire et sans pension.
Trois mois avant, organiser la sortie de l’emploi
Si vous êtes salariée, votre départ est une rupture de contrat à votre initiative, qui obéit à ses propres règles, indépendantes de celles de votre caisse.
Informer l’employeur et poser le préavis
Prévenez votre employeur par écrit, en indiquant la date à laquelle vous quittez l’entreprise. Un préavis s’applique, dont la durée dépend de votre ancienneté et de votre convention collective: vérifiez-la avant d’annoncer une date.
Soldez au passage ce qui reste, congés payés non pris, compte épargne temps, jours de récupération. Une indemnité de départ à la retraite peut vous être due, selon votre ancienneté et votre convention collective.
À la fin du contrat, réclamez le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l’attestation destinée à France Travail, même sans projet d’inscription.
Ce qu’un employeur peut et ne peut pas imposer
Un employeur ne peut vous mettre à la retraite d’office qu’à partir de l’âge fixé par l’article L. 1237-5 du code du travail. En dessous, il peut vous interroger sur vos intentions, mais la décision vous appartient et votre refus ne peut pas justifier une rupture.
Il ne peut pas non plus fixer votre dernier jour de travail sans tenir compte du préavis, ni transformer votre départ volontaire en une autre rupture sans votre accord. Le texte se consulte sur Légifrance, qui publie le code du travail en vigueur.
Le mois du départ et les semaines qui suivent
La date d’effet arrive, et rien de visible ne se passe le jour même. Ce qui compte se joue dans les semaines suivantes, régime par régime.
Ce qui arrive et dans quel ordre
Vous recevez d’abord une notification du régime de base: nombre de trimestres retenus, taux appliqué, montant brut. Celle de la complémentaire arrive séparément, avec un décompte en points.
Les deux régimes ne versent ni au même rythme ni à la même date, et un premier versement peut porter sur une période plus courte ou plus longue qu’un mois. Un décalage entre les deux notifications est fréquent et ne signifie pas qu’un dossier est bloqué.
Si l’une des deux tarde, relancez par écrit en rappelant votre numéro de dossier et la date de dépôt.
Les documents à conserver
Ces pièces servent bien après le départ, lors d’une révision, d’une demande de réversion ou d’un échange avec un régime étranger. Elles ne se reconstituent pas dix ans plus tard.
Après la notification, vérifier avant d’accepter
Une notification n’est pas un courrier d’information: c’est une décision, et une décision se conteste dans un délai court.
Relire la notification ligne à ligne
Reprenez le décompte que vous avez tenu toute l’année et confrontez-le à celui de la notification. Le nombre de trimestres retenus correspond-il au vôtre? Les majorations liées à vos enfants apparaissent-elles? Les périodes régularisées pendant l’année ont-elles été reprises?
Vérifiez aussi les périodes assimilées, en particulier le chômage indemnisé et les congés maternité anciens, les plus souvent absents des carrières discontinues.
Si un écart apparaît, notez-le avec l’année concernée et la pièce qui l’établit.
Le recours amiable dans le délai imparti
Une contestation se dépose devant la commission de recours amiable de votre caisse, dans le délai mentionné sur la notification. Ce délai court dès la réception, pas du jour où vous vous décidez.
Le recours se fait par écrit, avec la copie de la notification, l’exposé de l’écart constaté et les pièces justificatives. Un appel téléphonique ne l’ouvre pas.
Ce contrôle se prépare avant le rendez-vous. La liste des pièces utiles figure dans notre article sur les pièces à rassembler avant un premier rendez-vous retraite.
Douze mois suffisent, à condition de ne pas inverser l’ordre. Vous lisez avant de demander, vous régularisez avant de déposer, vous déposez avant d’annoncer votre départ, et vous vérifiez la notification avant de la ranger. Le seul délai que vous ne maîtrisez pas est celui des organismes: raison de plus pour commencer tôt.
C’est ce déroulé que Trimestia tient avec vous, période par période, de la frise de carrière au suivi daté des demandes et des réponses reçues. Pour voir ce calendrier appliqué à votre carrière, demandez une démonstration par le formulaire de contact de Trimestia.
Du cahier au rendez-vous
Trimestia reprend votre relevé de carrière année par année, replace vos congés, vos temps partiels, vos périodes de chômage et vos années passées hors de France sur une même frise, puis transforme chaque période douteuse en fiche avec sa pièce à retrouver et son organisme à saisir. Dites-nous où vous en êtes, vous recevez une première lecture de votre situation et une démonstration de la préparation de rendez-vous.
Faire relire mon relevé de carrière
Jimenez Julien
Éditeur de Trimestia, il anime depuis plusieurs années des ateliers de relecture de relevés de carrière avec des femmes dont le parcours mêle temps partiel, congés parentaux, chômage indemnisé, aide dans l’entreprise du conjoint et périodes travaillées à l’étranger. Il documente ici les règles du régime général, les pièces qui font foi et la façon de formuler une demande de régularisation auprès de l’Assurance retraite, de la MSA ou de l’AGIRC-ARRCO.
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